Quand les dirigeants s’emparent des enjeux sociétaux

 In RSE

Panne de croissance, fin de l’état providence, défis complexes liés à l’environnement, l’emploi, la santé, l’éducation, l’exclusion, etc… Les raisons de vouloir changer le monde sont nombreuses. Ce qui s’apparentait à des signaux faibles ces dernières années est en train de s’affirmer comme une véritable tendance de fond : agir pour un monde plus équitable et plus durable devient l’affaire de tous. Et bonne nouvelle, les dirigeants sont de plus en plus mobilisés sur la responsabilité sociale et sociétale de leur entreprise.

Si l’écosystème ne va pas bien, l’entreprise ne peut pas se développer de manière durable

En tant que consommateurs, nous sommes soucieux de l’impact environnemental et social des produits que nous consommons. Par l’orientation de nos achats, nous revendiquons un meilleur équilibre dans la répartition des bénéfices liés à l’exploitation des ressources.

En tant que salariés nous cherchons du sens à notre travail et voulons de plus en plus associer réussite personnelle et intérêt collectif. Quand nous sommes dans la peau d’un candidat, nous n’avons aucune hésitation à questionner les réseaux sociaux sur la réputation d’un futur employeur et à évaluer l’adéquation à nos valeurs.

Et du côté des dirigeants ? L’idée que l’entreprise a autant besoin de l’écosystème social que de l’écosystème économique pour se développer fait son chemin. Pas d’entreprise sans rentabilité ; pas d’entreprise sans protection de l’environnement et sans ressources ; pas d’entreprise non plus sans prise en compte des facteurs humains et sociaux internes et externes. Economie, environnement et social sont interdépendants. C’est sur cette conviction que s’est développé, en 2010, un collectif de dirigeants de grandes entreprises agissant pour développer l’empreinte sociale  des organisations. Plus récemment la mobilisation peut s’observer autour de la notion d’économie positive dont le LH Forum, réseau international de ceux qui placent l’intérêt des jeunes générations au cœur de leurs réflexions et actions en est une illustration. Si on regarde le sujet par le prisme des PME-PMI, 6 dirigeants sur 10 considèrent que la mise en place d’action en matière environnementale, sociale et sociétale favorise la compétitivité de leur entreprise (1).

26 entreprises du CAC 40 intègrent des indicateurs RSE dans la rémunération variable des dirigeants

Le 6 janvier les Echos Business ont publié un article qui apporte un éclairage, intéressant car chiffré, sur l’évolution du système de rémunération variable des dirigeants d’entreprises du Cac 40. Aujourd’hui elles sont 26 à y intégrer des critères environnementaux, sociaux et sociétaux contre 4 en 2006.

Au-delà des enjeux de transparence poussés par la législation et d’une volonté de mieux se différencier de la concurrence, cette évolution démontre que de plus en plus de dirigeants sont intéressés à la valorisation des actifs immatériels de l’entreprise. Et c’est tant mieux car cela montre aux actionnaires, aux investisseurs, aux clients, aux collaborateurs que la stratégie RSE peut- être portée au plus haut niveau.

C’est aussi une voie ouverte vers de nouveaux modèles conciliant social et rentabilité.

(1) Baromètre 2015 CSA- Generali

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